Fondation, institution, "collège-maison d'accueil" destiné à recevoir des étudiants en théologie islamique, la madrasa connaît un essor sans précédent avec les conquêtes sunnites qui, du XIIe au XVe siècle, vont déferler sur ce qu'on appelle aujourd'hui le "monde arabe". Soucieux d'asseoir leur pouvoir en créant une élite de savants et de hauts fonctionnaires religieux chargés d'implanter, au sein des populations, la religion musulmane sunnite, les sultans investissent la madarsa de fonctions multipliées.

Mais si les considérations politico-religieuses et historiques sont fondamentales, Lucien Golvin cherche moins à étudier ici la symbolique de la madrasa que de comprendre la naissance de certains thèmes architecturaux orientaux et leur diffusion vers les pays du Maghreb depuis l'Anatolie saljuqide, la Syrie et l'Egypte.
Ce choix méthodologique autorise pour la première fois une vision synoptique des différentes madrasa d'Orient et d'Occident musulman, et des hypothèses étayées par une extraordinaire abondance de photographies, de plans, relevés ou reconstiutions.
Le lecteur sera donc à même de visualiser véritablement les rapports qui ont existé entre ces monuments, et de percevoir tout un espace vécu méditerranéen aux racines musulmanes communes : une enquête absolument novatrice que seules l'érudition, la rigueur et la ténacité d'un Lucien Golvin pouvaient mener à bien.